Congé maternité : durée avant et après l’accouchement, démarches, cas particuliers
le congé maternité dure 16 semaines pour un premier ou un deuxième enfant : 6 semaines avant la date prévue de l’accouchement, 10 semaines après. Il passe à 26 semaines à partir du troisième enfant (8 avant, 18 après) et à 34 semaines pour des jumeaux (12 avant, 22 après). Une partie du congé prénatal peut être reportée après la naissance, sur avis médical. Ces règles sont celles de l’Assurance Maladie ; votre caisse et votre employeur confirment votre situation.
Le congé maternité est un sujet que nous abordons tôt en accompagnement, bien avant le post-partum. Pas parce que nous sommes des spécialistes du droit du travail, mais parce que la façon dont une femme organise ses semaines avant et après la naissance conditionne beaucoup de ce que nous verrons ensuite : la fatigue, la place du partenaire, la « bulle » des premiers jours. Voici les repères, tels qu’ils sont publiés par les administrations, et la manière dont nous aidons les familles à s’en servir.
Combien de temps dure le congé maternité avant et après l’accouchement ?
La durée dépend du nombre d’enfants déjà à charge et du nombre d’enfants attendus. Le tableau ci-dessous reprend les durées légales pour les salariées, telles que les présente le site de l’Assurance Maladie. Vérifiez toujours votre cas auprès de votre caisse : conventions collectives et statuts particuliers peuvent prévoir des règles plus favorables.
| Situation | Congé prénatal | Congé postnatal | Total |
|---|---|---|---|
| Premier ou deuxième enfant | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| Troisième enfant ou plus | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Jumeaux | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Triplés ou plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
Le point de départ du congé prénatal se calcule à partir de la date présumée d’accouchement, fixée par le professionnel de santé lors de la déclaration de grossesse. Si le bébé naît après cette date, le congé prénatal se prolonge jusqu’à la naissance, sans réduire le congé postnatal. S’il naît avant, les jours de congé prénatal non pris sont ajoutés au congé postnatal : la durée totale reste la même.
Peut-on reporter une partie du congé prénatal après la naissance ?
Oui, dans une limite de trois semaines, et uniquement sur avis favorable du médecin ou de la sage-femme qui suit la grossesse. Une femme enceinte d’un premier enfant peut ainsi travailler jusqu’à trois semaines avant le terme et bénéficier de treize semaines après. C’est un choix que nous voyons souvent chez les femmes dont la grossesse se passe bien et qui préfèrent garder du temps pour le bébé. Il a un revers : la fin de grossesse est fatigante, et un arrêt de travail prescrit pendant la période reportée annule le report. Nous en parlons franchement en visite prénatale, sans jamais trancher à la place de la femme ni de son médecin.
À l’inverse, à partir du troisième enfant ou en cas de grossesse multiple, le congé prénatal peut être avancé, de deux semaines pour le troisième enfant, de quatre semaines pour des jumeaux, le congé postnatal étant réduit d’autant. La logique est la même : le total ne change pas, seule la répartition bouge.
Le congé pathologique
Quand l’état de santé de la mère le justifie, le médecin ou la sage-femme peut prescrire un congé pathologique : jusqu’à deux semaines supplémentaires avant le congé prénatal, et jusqu’à quatre semaines après le congé postnatal. Il s’agit d’une prescription médicale, pas d’un droit automatique, et son indication relève uniquement du professionnel de santé. La doula ne le demande pas, ne le suggère pas : elle rappelle qu’il existe, et que la question se pose au médecin ou à la sage-femme.
Quelles démarches pour le congé maternité ?
Quatre étapes, dans l’ordre. Aucune n’est compliquée, mais chacune a son moment.
- Déclarer la grossesse avant la fin de la 14e semaine de grossesse, auprès de l’Assurance Maladie et de la Caisse d’allocations familiales. Le professionnel de santé qui réalise le premier examen prénatal fait le plus souvent la déclaration en ligne.
- Informer l’employeur, par courrier ou en main propre, avec un certificat médical indiquant la date présumée d’accouchement. La loi ne fixe pas de délai, mais la protection contre le licenciement liée à la grossesse suppose que l’employeur soit informé.
- Transmettre les dates du congé à l’employeur et, le cas échéant, la demande de report validée par le médecin ou la sage-femme.
- Après la naissance, envoyer l’acte de naissance à la caisse d’Assurance Maladie et à la CAF, pour le versement des indemnités et l’ouverture des droits.
Les indemnités journalières versées pendant le congé sont calculées à partir des salaires des mois précédents, dans la limite d’un plafond, et sous conditions d’affiliation. Nous ne donnons aucun montant ici : le simulateur et les conditions à jour sont sur le site de l’Assurance Maladie, et votre employeur ou votre convention collective peuvent prévoir un maintien de salaire. Les travailleuses indépendantes relèvent d’un régime spécifique, avec une allocation de repos et des indemnités sous conditions ; les démarches se font auprès de leur caisse.
Quels sont les cas particuliers du congé maternité ?
- Naissance prématurée. Les jours de congé prénatal non pris sont reportés après la naissance. Si l’enfant naît plus de six semaines avant la date prévue et doit être hospitalisé, le congé est allongé du nombre de jours entre la naissance réelle et le début prévu du congé prénatal.
- Hospitalisation du nouveau-né. Si le bébé reste hospitalisé au-delà de la sixième semaine après la naissance, la mère peut reprendre le travail et reporter le reste de son congé à la sortie de l’enfant.
- Décès de l’enfant. La mère conserve son congé postnatal dans son intégralité. Nous accompagnons ces situations avec beaucoup de précaution ; notre guide sur le deuil périnatal en parle.
- Grossesse gémellaire. 34 semaines au total, avec possibilité d’avancer le début de quatre semaines. Nous détaillons l’organisation propre aux jumeaux dans un article dédié à la grossesse gémellaire.
Un minimum s’impose dans tous les cas : la loi interdit à l’employeur de faire travailler une salariée pendant huit semaines au total autour de l’accouchement, dont six après la naissance. Même une femme qui souhaiterait reprendre très vite ne le peut pas. Ce n’est pas une contrainte contre elle : c’est le temps que le corps réclame, et que notre module postnatal appelle le temps du « réajustement corporel majeur ».
Et le partenaire ?
Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est distinct du congé maternité, avec ses propres durées et ses propres démarches. Nous l’avons décrit dans notre guide sur le congé paternité. Ce qui nous importe ici : les deux congés se pensent ensemble. Un partenaire présent les premières semaines change la fatigue de la mère, la mise en place de l’allaitement si elle le souhaite, et le lien avec le bébé. Notre support de cours rappelle que le co-parent « n’est pas un assistant, mais le premier pilier de sécurité de la mère et du bébé ».
Aurélie, 32 ans, chargée de clientèle à Lyon : « Pour mon premier, j’avais reporté trois semaines de congé après la naissance sans y réfléchir, et j’ai fini les dernières semaines de grossesse épuisée. Pour le deuxième, ma doula m’a posé la question autrement : de quoi aurez-vous besoin avant ? J’ai gardé mes six semaines avant, et mon compagnon a calé son congé sur ma troisième semaine après, quand la famille était repartie. C’était la bonne répartition pour nous. »
Comment une doula aide-t-elle à organiser le congé maternité ?
Elle ne remplit aucun formulaire et ne donne aucun avis juridique. Elle aide à penser le temps. Notre module postnatal décrit cette préparation « en amont, au troisième trimestre » : « guider le couple dans l’anticipation logistique, remplissage du congélateur, répartition des rôles, définition des règles de visites ». Le congé maternité est le cadre dans lequel tout cela se déploie. Concrètement, en visite prénatale, nous posons quatre questions : quand commence votre congé, quand commence celui de votre partenaire, qui sera là la première semaine, qui sera là la quatrième. Les réponses dessinent le calendrier des premières semaines, celles que nous appelons le mois d’or.
Le congé prénatal, lui, sert à se reposer, pas à finir la chambre du bébé. Nous le disons aux femmes que nous accompagnons : les six dernières semaines sont un temps de ralentissement, où le corps se prépare et où la tête peut enfin faire de la place. Beaucoup les remplissent de rendez-vous et de listes. Nous les aidons à en libérer une partie. Ce qui se passe ensuite, dans les semaines qui suivent la naissance, fait l’objet de notre guide sur l’accompagnement post-partum.
Et après le congé maternité : comment se prépare la reprise ?
La fin du congé arrive vite, souvent trop. Dix semaines après la naissance, pour un premier enfant, la mère est encore en pleine matrescence, le bébé n’a pas de rythme, et il faut déjà penser mode de garde. Nous voyons cette échéance créer autant d’angoisse que la naissance elle-même. Ce qui aide : en parler dès le prénatal, décider tôt d’un éventuel congé parental ou d’un temps partiel, visiter les modes de garde avant la naissance plutôt qu’après, et prévoir une reprise progressive quand l’employeur l’accepte. Les femmes qui allaitent disposent, dans la plupart des entreprises, d’un temps quotidien dédié pendant la première année de l’enfant ; la question se pose à l’employeur et à la sage-femme.
- Consultation postnatale, dans les semaines qui suivent la naissance : le moment de faire le point avec la sage-femme ou le médecin avant de reprendre.
- Mode de garde choisi et visité avant la naissance, avec une période d’adaptation planifiée.
- Répartition des tâches revue avec le partenaire : ce qui tenait pendant le congé ne tient plus avec deux emplois du temps.
- Un relais de confiance identifié pour les premières semaines de reprise, famille, amie ou doula.
Pourquoi une doula connaît-elle ces règles ?
Parce que les familles les lui demandent, et parce qu’une réponse approximative ferait plus de mal qu’un renvoi vers la bonne source. Dans la formation Doulam, le module postnatal aborde la réorganisation familiale et le réseau de soutien, dont les congés font partie ; les élèves apprennent surtout à distinguer ce qu’elles savent, ce qu’elles vérifient et ce qu’elles renvoient à l’Assurance Maladie, à l’employeur ou au professionnel de santé. Le cursus compte 5 modules sur 8 mois, 17 journées en présentiel, 10 élèves en moyenne par session, dans 12 villes, pour 3 500 € tout inclus.
Si cette manière d’accompagner, précise sans être experte de tout, vous ressemble, le stage découverte de deux jours est la première étape.