Hormones de la grossesse : comment le corps s’adapte, du bassin au diaphragme
quatre hormones orchestrent la grossesse : la hCG, la progestérone, les œstrogènes et la relaxine. Ensemble, elles modifient la circulation, la respiration, le transit, les ligaments et le sommeil. Notre support de cours parle d’un « ballet hormonal » qui prépare le corps « à accueillir et nourrir un nouvel être ». Ces changements sont des adaptations, pas des anomalies ; tout signe inhabituel se signale à la sage-femme ou au médecin.
Le mot qui revient le plus souvent dans nos premiers rendez-vous, c’est « bizarre ». Un souffle plus court dans l’escalier, une envie de dormir à 15 h, des articulations qui semblent flotter. Nous avons écrit cet article pour mettre des noms sur ce « bizarre », en suivant la logique de notre module 3 : de l’hormone au tissu, du tissu à la sensation. Les nausées et la fatigue ont leurs propres guides ; nous ne les recouperons pas ici.
Quelles sont les hormones de la grossesse et à quoi servent-elles ?
Notre support de cours en retient quatre, qui « orchestrent la nidation, la croissance de l’embryon, la détente des tissus et la préparation du corps à la naissance ». Le tableau ci-dessous les résume, avec ce que vous pouvez en ressentir. Il ne remplace pas une consultation : il aide à comprendre ce que la sage-femme vous dira.
| Hormone | Ce qu’elle fait | Ce que vous pouvez ressentir | Quand elle domine |
|---|---|---|---|
| hCG (gonadotrophine chorionique) | Signale la grossesse, soutient les premières semaines | C’est elle que détecte le test ; souvent associée aux nausées et à la fatigue du début | Premier trimestre |
| Progestérone | Détend les muscles lisses, maintient la grossesse, apaise | Somnolence, transit ralenti, sensation de chaleur, souffle plus court | Toute la grossesse, en hausse |
| Œstrogènes | Développent l’utérus, les seins, la circulation | Seins tendus, peau et cheveux modifiés, émotions plus vives | Toute la grossesse, en hausse |
| Relaxine | Assouplit ligaments et articulations, prépare le bassin | Impression de « flotter », tiraillements, bassin plus mobile | Début, puis fin de grossesse |
Notre support ajoute une phrase que nous répétons à chaque famille : ces hormones « influencent aussi le vécu émotionnel : fatigue, hypersensibilité, besoin de sécurité, rêves intenses ». Une femme enceinte qui pleure devant une publicité n’a pas un problème. Elle a des œstrogènes.
Comment tout le corps s’adapte-t-il, pas seulement le ventre ?
C’est le point que le module 3 insiste à faire comprendre : « le corps fonctionne comme un tout cohérent, un ensemble dynamique où chaque structure influence les autres ». Notre support cite les grandes adaptations : « le volume sanguin augmente, la respiration se modifie, le transit ralentit, les ligaments s’assouplissent ». Chacune a une raison, et chacune a une sensation.
| Système | Ce qui change | Pourquoi | Ce qui peut soulager, sans rien remplacer |
|---|---|---|---|
| Circulation | Plus de sang à faire circuler, veines plus dilatées | Nourrir le placenta et le bébé | Bouger, surélever les jambes, boire ; en parler à la sage-femme |
| Respiration | Souffle plus court, respiration plus haute en fin de grossesse | Le diaphragme remonte avec l’utérus | Respiration lente, position assise redressée, étirement du dos |
| Digestion | Transit ralenti, remontées acides | La progestérone détend les muscles lisses | Petits repas, marche après manger ; le médecin pour le reste |
| Ligaments et articulations | Souplesse accrue, tiraillements dans l’aine et le bas du dos | La relaxine prépare le bassin | Ballon, quatre pattes, position de repos avec coussins |
| Peau et tissus | Étirement, sensibilité, parfois démangeaisons | Le corps fait de la place | Huile neutre, douceur ; toute démangeaison intense se signale au médecin |
La colonne de droite décrit des gestes de confort, ceux que nous enseignons à nos élèves. Elle ne décrit aucun traitement. Une doula propose, la sage-femme ou le médecin suit.
Que sont les fascias, et pourquoi en parle-t-on en formation de doula ?
Parce qu’ils expliquent ce que beaucoup de femmes ressentent sans pouvoir le nommer. Notre support de cours décrit les tissus du corps, « muscles, ligaments, fascias, membranes », comme « un réseau continu, un véritable tissage vivant » qui « glisse, s’étire, se réorganise en fonction des postures, des émotions, de la respiration et des transformations internes ». Les fascias, en particulier, « répondent au stress, au mouvement, à la respiration et même à l’état émotionnel ».
Ce que cela veut dire concrètement : une tension dans le haut du dos peut venir d’une émotion retenue autant que d’une posture. Et une respiration lente, dix minutes, peut détendre un tiraillement que l’on croyait mécanique. Nous le montrons en formation par une exploration corporelle simple, et les élèves, enceintes ou non, sentent la différence.
Comment le bassin bouge-t-il pendant la grossesse ?
Il bouge, et c’est la première surprise pour beaucoup de femmes qui l’imaginaient rigide. Notre support de cours le décrit ainsi : « contrairement à l’image d’une structure rigide, il est composé de plusieurs os articulés entre eux, capables de micromouvements qui modifient subtilement sa forme ». La relaxine donne à ces articulations « de la souplesse », ce qui permet au bassin « de s’ouvrir, de s’incliner ou de pivoter selon les besoins ».
Cette mobilité a un revers pendant la grossesse : des tiraillements, une impression d’instabilité, parfois une gêne en marchant. Et elle a un sens pour la naissance : « chaque position adoptée par la femme, s’accroupir, se balancer, s’agenouiller, se suspendre, modifie l’espace disponible et facilite la progression du bébé ». C’est pour cela que nous travaillons le ballon et le quatre pattes dès la grossesse : le corps apprend des positions qu’il retrouvera le jour J.
Que devient le périnée ?
Il se prépare, lui aussi, sous l’effet des hormones. Notre support parle d’une « élasticité naturelle, renforcée par l’imprégnation hormonale », qui permet aux tissus « de s’étirer progressivement au passage du bébé ». Et il ajoute une phrase que nous trouvons juste : « leur capacité à se détendre est étroitement liée à l’état émotionnel de la femme, ce qui souligne l’importance d’un environnement calme, intime et sécurisant ».
Ce lien entre périnée et émotion, nous le voyons en post-partum, chez des femmes qui ont accouché tendues et qui mettent plus de temps à sentir cette zone à nouveau. Il ne s’agit pas de culpabiliser qui que ce soit : personne ne choisit son état émotionnel en salle de naissance. Il s’agit de comprendre pourquoi la doula travaille l’environnement autant que le corps. Pour tout ce qui concerne le suivi du périnée, avant et après, la sage-femme reste la référente.
Pourquoi l’utérus et le diaphragme travaillent-ils ensemble ?
Parce qu’ils partagent le même espace, et que cet espace rétrécit. En fin de grossesse, l’utérus repousse le diaphragme vers le haut ; la respiration devient plus courte, plus haute, et beaucoup de femmes s’essoufflent en parlant. Notre support décrit l’utérus comme « un organe remarquable, composé de fibres musculaires orientées dans différentes directions », qui travaille « en synergie » avec « les muscles abdominaux, le diaphragme et la musculature profonde ».
La conséquence pratique, notre support la donne : « lorsque la femme peut bouger librement, suivre ses instincts et écouter ses sensations, son corps trouve spontanément les positions qui optimisent ce travail ». D’où les étirements du dos contre un mur, bras levés à l’inspiration, que nous proposons dès le deuxième trimestre : ils redonnent de la place au diaphragme, et souvent au moral.
Qu’est-ce que la sécurité change aux hormones ?
Tout, ou presque. C’est la dernière pièce du module 3, et la raison d’être de la doula. Notre support de cours écrit : « lorsque la femme se sent en sécurité, entourée et respectée, son corps libère les hormones qui facilitent la naissance, détendent les tissus et soutiennent les contractions efficaces. À l’inverse, le stress ou la peur peuvent contracter les muscles, réduire l’espace disponible et ralentir le processus. »
Cette phrase ne concerne pas seulement l’accouchement. Pendant la grossesse, une femme qui se sent écoutée, qui a pu poser ses questions, qui n’est pas seule avec ses « bizarre », dort mieux et respire mieux. Nous ne prétendons pas que la doula agit sur les hormones. Nous constatons qu’un environnement calme et une présence stable font partie de ce que le corps attend. Notre support conclut le chapitre par une phrase que nos élèves recopient : le corps « n’a pas besoin d’être “guidé” ou “corrigé” pour enfanter : il a besoin d’être soutenu, respecté et accompagné ».
Julie, 29 ans, enceinte de sept mois à Marseille, accompagnée depuis le quatrième mois : « À chaque rendez-vous avec ma sage-femme, j’oubliais la moitié de mes questions. Ma doula m’a expliqué la relaxine avec un élastique et le diaphragme avec un ballon de baudruche. Depuis, quand ça tire dans l’aine, je sais que c’est le bassin qui fait de la place. Ça ne tire pas moins. Mais ça ne fait plus peur. »
Quand faut-il consulter plutôt que de « laisser le corps s’adapter » ?
Dès qu’un signe vous inquiète, et sans attendre le prochain rendez-vous. Notre support de cours apprend aux doulas une seule phrase dans ces cas-là : « ce que tu décris nécessite un avis médical maintenant ». La doula ne trie pas, ne rassure pas à tort, ne dit pas « ça va passer ». Saignements, douleur intense, fièvre, perte de liquide, mouvements du bébé qui changent, maux de tête forts, troubles de la vue : autant de raisons d’appeler la maternité ou la sage-femme, qui seules savent évaluer. Le parcours de suivi de grossesse est décrit sur le site de l’Assurance Maladie et les repères mois par mois sur celui des 1000 premiers jours.
Pour tout le reste, ce « bizarre » qui n’inquiète pas la sage-femme mais qui pèse au quotidien, il existe des gestes de confort. Nous en avons détaillé quelques-uns, par exemple pour les jambes lourdes pendant la grossesse, et le guide grossesse rassemble l’ensemble. Ils font partie de ce que nos élèves apprennent au module 3 de la formation de doula Doulam, 17 journées en présentiel sur 8 mois, dans 12 villes.