Grossesse & naissance · 10 min de lecture

Positions d’accouchement : lesquelles, pourquoi, et comment la doula soutient la mobilité

En bref

il n’existe pas une bonne position d’accouchement mais une liberté de changer : debout, à quatre pattes, accroupie, assise sur le ballon, sur le côté, suspendue. Chacune modifie l’espace du bassin et la manière de traverser les contractions. Notre support de cours le résume en une phrase : « un bassin immobile est un bassin fermé ». La doula ne choisit pas la position ; elle rend le mouvement possible, dans le cadre fixé par l’équipe médicale.

La question « dans quelle position faut-il accoucher ? » revient à chaque atelier prénatal. Nous répondons toujours la même chose : la question est mal posée. Une femme en travail change de position dix, vingt, trente fois. Ce qui compte n’est pas la position finale, c’est que le corps ait pu chercher. Nous l’avons vu chez des dizaines de familles : quand on la laisse faire, la femme trouve. Voici ce que chaque position offre, et ce qu’une doula fait pour que la recherche reste possible.

Pourquoi la mobilité change-t-elle le déroulement du travail ?

Parce que le bassin n’est pas une pièce rigide. Le module prénatal de la formation Doulam le décrit comme un assemblage d’os articulés, « capables de micro-mouvements qui modifient subtilement sa forme », assouplis en fin de grossesse par la relaxine. S’accroupir, se balancer, s’agenouiller, se suspendre : chaque geste change l’espace disponible et facilite la progression du bébé.

Notre support de cours ajoute un second argument, plus inattendu : « le mouvement est un antalgique naturel ». L’immobilité imposée, surtout allongée sur le dos, augmente le ressenti de la douleur. Bouger permet de répondre aux sensations, de trouver l’appui qui soulage, de traverser la contraction plutôt que de la subir. Enfin, la femme laissée libre « sait intuitivement quelle position adopter ». Le rôle de la doula consiste à ne pas se mettre en travers de cette intelligence-là.

Quelles sont les principales positions d’accouchement ?

Six familles, que nos élèves pratiquent en binôme lors du module accouchement, avec un ballon, un drap, une chaise et beaucoup de coussins. Le tableau ci-dessous les résume ; il décrit des tendances, pas des prescriptions.

PositionCe qu’elle apporteQuand elle aide souventAppui possible de la doula
Debout, en marchant ou appuyéeGravité, liberté de balancer le bassinDébut et milieu du travailÉpaule ou mur pour s’appuyer, bercement en duo
À quatre pattes ou penchée en avantSoulage le dos, laisse le bébé tournerContractions ressenties dans les reinsCoussins sous les genoux, contre-pression sur le sacrum
Assise sur le ballonCercles du bassin, repos actifLongues heures de travailTenir le ballon stable, main dans le dos
Accroupie ou à genouxOuvre le bas du bassinFin du travail, pousséeSoutien sous les aisselles, barre ou drap
Sur le côté, jambe surélevéeRepos, maintien de l’ouvertureFatigue, monitoring, périduraleCoussin ou ballon cacahuète entre les genoux, avec l’accord de l’équipe
Suspendue (drap, barre, partenaire)Étire la colonne, libère le bassinPics d’intensitéTenir le drap, guider la respiration

Ce tableau reprend l’esprit de ce que nos formatrices déroulent au module 3 de la formation Doulam. Aucune de ces positions n’est « meilleure ». La bonne position est celle que la femme choisit à cet instant et que l’équipe médicale valide.

Comment le bassin s’ouvre-t-il selon les positions ?

En haut ou en bas, selon l’orientation des genoux. Nos formatrices l’illustrent avec un bassin articulé en atelier : genoux écartés, le haut du bassin s’élargit, ce qui aide le bébé à s’engager ; genoux rapprochés et pieds écartés, c’est le bas qui s’ouvre, ce qui aide à la descente finale. Le support de cours parle d’adapter les positions « pour ouvrir les détroits supérieur, moyen et inférieur du bassin ».

Ce que cela change en pratique : une femme qui, en fin de travail, ramène instinctivement les genoux l’un vers l’autre ne fait pas « n’importe quoi ». Son corps ouvre l’étage dont il a besoin. Nous apprenons aux futures doulas à respecter ces gestes plutôt qu’à les corriger, et à ne jamais imposer une posture. Le ballon de grossesse, à ce titre, reste l’outil le plus polyvalent ; nous lui avons consacré un article, comment utiliser le ballon, valable avant et pendant le travail.

Que fait concrètement une doula pour soutenir la mobilité ?

Elle « facilite le mouvement », selon les mots de notre support de cours. Elle ne prescrit pas une position, elle rend le changement possible et confortable. Quatre gestes reviennent chez toutes nos élèves une fois sur le terrain :

  • Suggérer, jamais imposer. « Tu veux essayer de te mettre sur le côté ? » plutôt que « mets-toi sur le côté ». La femme dit oui, non, ou plus tard.
  • Offrir des appuis physiques. Une épaule, deux mains sur le sacrum, un drap tendu, un ballon tenu stable : le corps ose bouger quand il sait où s’appuyer.
  • Aménager l’espace. Déplacer une chaise, demander un tapis, dégager le câble du monitoring avec l’accord de la sage-femme.
  • Garder la mémoire du mouvement. Quand le travail s’installe dans la durée, proposer un changement toutes les 30 à 45 minutes, en accord avec l’équipe.

Le rebozo entre dans cette boîte à outils : cette écharpe traditionnelle sert à bercer le bassin et à offrir une sensation d’enveloppement. Le guide de notre école de doula sur le rebozo en explique les usages et les limites.

Ce que la doula ne fait jamais

Elle ne pose pas de diagnostic sur la progression du travail, ne décide pas seule d’une position si un monitoring, une perfusion ou une consigne médicale sont en jeu, et ne conteste jamais une position demandée par l’équipe. Si la sage-femme demande une installation précise, la doula aide la femme à s’y tenir confortablement. Elle complète les soins, elle ne les discute pas.

Changer de position aide-t-il quand le travail ralentit ?

C’est souvent la première chose que la doula propose, avec l’accord de la sage-femme. Un travail qui s’installe, des contractions qui s’espacent, une femme qui se fige dans la même posture depuis une heure : notre support de cours invite à « suggérer des changements de position en douceur si le travail stagne ». Passer de la position assise à quatre pattes, marcher jusqu’à la fenêtre et revenir, s’allonger vingt minutes sur le côté gauche puis sur le droit : ces bascules laissent au bébé l’occasion de se repositionner et au bassin celle de changer de forme.

Mais la doula ne diagnostique pas une stagnation. Elle ne lit ni le col ni le monitoring. Elle voit une femme qui ne bouge plus et lui propose de bouger ; si l’équipe estime qu’un ralentissement nécessite autre chose, la décision lui revient entièrement. Nous l’avons vu chez plusieurs familles : un simple passage sous la douche, debout, les mains contre le mur, a suffi à relancer un rythme que tout le monde croyait perdu. Et d’autres fois, non. Dans les deux cas, la doula reste, sans commentaire sur ce qui aurait dû se passer.

Peut-on bouger avec un monitoring ou sous péridurale ?

Souvent oui, dans une amplitude réduite et toujours avec l’accord de l’équipe. Un monitoring n’interdit pas de s’asseoir sur le ballon à côté du lit ni de se mettre à quatre pattes sur le matelas ; certaines maternités disposent de capteurs sans fil. Sous péridurale, la mobilité des jambes est limitée, mais le support de cours rappelle que « la mobilité reste essentielle » : alterner le côté gauche et le côté droit, placer un coussin ou un ballon cacahuète entre les genoux, redresser le dossier, mobiliser le haut du corps.

Ces micro-mouvements se décident avec la sage-femme, jamais contre elle. Nous avons détaillé ce contexte particulier dans le guide sur la péridurale, y compris ce que la doula peut encore apporter une fois l’analgésie posée.

Quelle position pour pousser ?

Celle dans laquelle la femme se trouve quand l’envie de pousser arrive, si l’équipe l’autorise. Notre support de cours décrit une poussée qui suit « la combinaison des contractions, de la gravité et des mouvements du bassin », en position accroupie, à quatre pattes ou sur le côté. La position allongée sur le dos reste fréquente en maternité pour des raisons de surveillance et de sécurité ; ce choix appartient à l’équipe, et la doula s’y adapte en proposant des appuis : un drap à tirer, une main derrière la nuque, une respiration guidée.

Ce que nous rappelons aux futures doulas : l’enjeu n’est pas la position de la naissance, mais que la femme ait été libre de chercher pendant les heures qui précèdent. Une femme qui a bougé arrive à la poussée avec un corps qui sait où il en est.

Témoignage d’une jeune mère accompagnée

Chloé, 38 ans, ancienne assistante commerciale à Bordeaux : « Mon premier accouchement, je suis restée sur le lit, persuadée que c’était la règle. Au deuxième, avec une doula, j’ai passé trois heures debout, appuyée sur mon compagnon, puis à quatre pattes. La sage-femme n’y a vu aucun problème. Je ne dis pas que c’était sans douleur. Je dis que c’était à moi. »

Comment préparer les positions avant le jour J ?

En les essayant à la maison, avec le partenaire, dès le troisième trimestre. Nous consacrons une partie de nos rendez-vous prénataux à cela : le partenaire apprend où poser ses mains sur le sacrum, comment tenir un drap, comment offrir son épaule sans se faire mal au dos. Le jour J, il n’a plus à réfléchir. Nous conseillons aussi de repérer, lors de la visite de la maternité, ce qui existe dans la salle : ballon, liane ou barre de suspension, tapis, baignoire ou douche. Savoir ce qu’on trouvera évite de le demander au mauvais moment. Les séances de préparation à la naissance avec une sage-femme abordent aussi ces positions, sous l’angle médical ; les deux approches s’additionnent. Notre article sur le chaud et le froid pendant le travail complète cette boîte à outils de confort.

Bouger pendant l’accouchement n’est ni une méthode ni une mode. C’est une physiologie que la doula protège, sans jamais se substituer à la sage-femme ou au médecin. C’est ce que nous transmettons, par la pratique en binôme, à 10 élèves en moyenne par session, dans 12 villes en France.

FAQ — Positions d’accouchement

Quelle est la meilleure position pour accoucher ?+
Il n’y en a pas une seule. Debout, à quatre pattes, accroupie, sur le côté ou suspendue, chaque position ouvre le bassin différemment et convient à un moment du travail. Le plus utile est de pouvoir changer librement, dans le cadre fixé par l’équipe médicale.
Pourquoi éviter de rester allongée sur le dos pendant le travail ?+
Parce que l’immobilité sur le dos réduit l’espace du bassin et augmente souvent le ressenti de la douleur. Cette position reste parfois nécessaire pour la surveillance ou certains gestes médicaux, et l’équipe la demande alors. La doula aide la femme à s’y installer confortablement.
Peut-on changer de position avec un monitoring ?+
Souvent oui, avec l’accord de la sage-femme : assise sur le ballon près du lit, à quatre pattes sur le matelas, debout à côté. Certaines maternités disposent de capteurs sans fil qui élargissent les possibilités. La décision appartient à l’équipe médicale.
Quelles positions sont possibles sous péridurale ?+
Sur le côté, en alternant gauche et droite, avec un coussin ou un ballon cacahuète entre les genoux ; le dossier du lit redressé ; des mouvements du haut du corps. La mobilité des jambes est réduite mais pas nulle. Chaque changement se fait avec l’équipe.
Que fait une doula pendant les changements de position ?+
Elle suggère sans imposer, offre des appuis physiques (épaule, mains sur le sacrum, drap tendu), aménage l’espace et rappelle de bouger quand le travail s’installe dans la durée. Elle ne pratique aucun geste médical et ne conteste jamais une consigne de l’équipe soignante.
À quoi sert le ballon de grossesse pendant l’accouchement ?+
À rester mobile en position assise : cercles du bassin, bascules, repos actif entre les contractions. Il sert aussi d’appui à quatre pattes, le buste posé dessus. Il se prépare dès la grossesse pour être familier le jour J.
Faut-il s’entraîner aux positions avant l’accouchement ?+
Oui, à la maison et avec le partenaire, dès le troisième trimestre. Le partenaire apprend où poser ses mains et comment offrir un appui sans se blesser. Le jour J, les gestes sont déjà connus et le couple n’a plus à réfléchir.
Comment la formation Doulam enseigne-t-elle les positions ?+
Par la pratique en binôme au module 3, avec ballon, drap, chaise et coussins, dans le respect strict du cadre non médical. Le cursus complet dure 8 mois, 17 journées en présentiel, pour 3 500 € tout inclus, payable en 8 fois. Comme toute formation de doula, il n’est pas éligible au CPF.

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La formation doula Doulam : 8 mois, 17 journées en présentiel, 11 villes en France, 10 élèves en moyenne par session.