Une journée type en formation de doula : débat mouvant, météo intérieure, cercle de clôture
une journée de formation de doula chez Doulam dure de 9 h à 18 h, avec 10 élèves en moyenne. Elle s’ouvre par une météo intérieure, alterne lecture du support de cours, études de cas de 45 minutes en petits groupes, exercices en binôme et débat mouvant, et se ferme par un cercle de clôture. Le cursus complet compte 17 journées de ce type, sur 8 mois, dans 12 villes.
La question revient à chaque journée portes ouvertes : « Concrètement, on fait quoi, pendant huit heures ? » Nous avons décidé d’y répondre en déroulant une journée réelle, heure par heure, avec les outils que nous utilisons et pourquoi. Vous ne trouverez pas ici le programme complet des cinq modules, il est sur la page de la formation de doula Doulam. Vous trouverez ce qui se passe entre les lignes de ce programme.
À quoi ressemble une journée de formation de doula, heure par heure ?
Prenons la deuxième journée du module 1, consacrée à l’éthique et aux limites. Elle est typique : un tiers de contenu, deux tiers de pratique et d’intégration. Voici sa feuille de route, telle que nous la remettons aux formatrices.
| Horaire | Séquence | Ce qui s’y passe |
|---|---|---|
| 9 h 00 – 9 h 15 | Réouverture | Mise en présence, respiration, météo intérieure : chacune dit en une phrase où elle en est |
| 9 h 15 – 10 h 00 | Éthique | Brainstorming en grand groupe, puis lecture commentée du texte du support de cours |
| 10 h 00 – 11 h 30 | Études de cas légaux | Situations réelles en petits groupes, 45 minutes par cas, restitution (pause de 15 minutes à 10 h 30) |
| 11 h 30 – 13 h 00 | Limites personnelles | Tour de parole sur ses limites déjà connues, lecture, travail individuel écrit |
| 13 h 00 – 14 h 00 | Déjeuner | Souvent ensemble ; c’est là que les groupes se soudent |
| 14 h 00 – 15 h 00 | Limites professionnelles et bénéfices de la présence d’une doula | Lecture, débat, place de la doula dans le triangle parents – doula – soignants |
| 15 h 00 – 17 h 00 | La carte des limites | Exercice individuel puis en binôme, pause de 15 minutes au milieu |
| 17 h 00 – 18 h 00 | Travail introspectif et cercle de clôture | « Ce que je retiens », « Ce que je veux nourrir », intentions, remerciements |
Ce qui frappe les élèves qui arrivent d’un cursus universitaire, c’est l’absence de cours magistral. La formatrice lit rarement plus de vingt minutes d’affilée. Le reste du temps, ce sont les élèves qui parlent, écrivent, se lèvent.
Pourquoi chaque journée commence-t-elle par une météo intérieure ?
Parce qu’on ne peut pas apprendre à accueillir l’état d’une jeune mère si l’on ne sait pas nommer le sien. La météo intérieure dure un quart d’heure. Chacune, à son tour, dit en une phrase le temps qu’il fait en elle : « brumeux, j’ai mal dormi », « grand soleil avec une inquiétude pour ma fille », « je ne sais pas encore ». Aucun commentaire n’est attendu. La formatrice fait pareil.
Cet outil a une deuxième fonction, moins visible : il installe le cadre. Confidentialité, sécurité, non-jugement sont rappelés dès le premier matin du cursus, dans les termes de notre feuille de route : « installer un espace sûr et inclusif ». Une élève qui a pu dire « brumeux » sans qu’on lui demande pourquoi comprend, dans son corps, ce que la doula offrira plus tard à une famille.
Comment se déroule une étude de cas de 45 minutes ?
C’est le cœur de nos après-midis. La formatrice distribue une situation réelle, anonymisée, tirée de la pratique de l’équipe. Un exemple du module 1 : une famille demande à la doula de rester après le départ de la sage-femme pour « vérifier que tout va bien » avec le bébé. Les groupes de trois ou quatre ont 45 minutes pour répondre à quatre questions.
- Qu’est-ce qui, dans cette demande, relève du rôle de la doula ? Qu’est-ce qui n’en relève pas ?
- Quelle phrase, précisément, la doula peut-elle dire à cette famille ?
- Vers qui oriente-t-elle, et comment, sans inquiéter ?
- Où se situe, pour chacune de vous, la limite personnelle dans cette situation ?
La restitution est courte, dix minutes par groupe. Ce qui compte n’est pas la bonne réponse, il n’y en a souvent pas une seule, mais le chemin. Notre feuille de route donne l’objectif en quatre verbes : « questionner, prendre conscience, dessiner ses limites, poser son cadre d’accompagnement ». Nous l’avons vu chez une ancienne aide-soignante de Marseille : au premier cas, elle répondait « moi, j’aurais vérifié ». Au quatrième, elle disait « moi, j’aurais appelé la sage-femme avec la maman ». En une après-midi.
Le débat mouvant : à quoi sert-il ?
Le débat mouvant est un exercice debout. La formatrice énonce une affirmation tranchée, par exemple, au module 3 : « L’attente est la partie la plus difficile d’un parcours d’adoption. » Chacune se place dans la pièce : d’accord à gauche, pas d’accord à droite, et l’on peut se tenir au milieu. Puis on argumente, et l’on a le droit de changer de côté à tout moment. Beaucoup le font.
Ce que cet outil enseigne, aucune lecture ne le remplace : on peut avoir une conviction forte et l’entendre bousculer sans se sentir attaquée. C’est exactement la neutralité active que décrit notre support de cours, cette capacité à « ne pas projeter ses propres convictions, même lorsqu’elles sont fortes ou profondément ancrées ». Une doula traverse des débats mouvants tous les jours, dans les salons des familles, sans jamais choisir de côté. Autant s’y entraîner entre élèves.
Qu’est-ce que le blason, et pourquoi le garde-t-on trois jours ?
Le blason est un exercice d’écriture lancé en fin de première journée. Sur une feuille divisée en quatre cases, chaque élève dessine ou écrit : la doula qu’elle souhaite être, ce qu’elle refuse de devenir, la ressource sur laquelle elle s’appuie, la phrase qu’elle aimerait entendre d’une famille. On y revient le lendemain, puis on le débriefe le troisième jour du module. Notre feuille de route le dit sans détour : il s’agit de « conscientiser, poser, réfléchir à sa posture et à son éthique. Quelle doula souhaitent-elles être ? »
Plusieurs élèves conservent leur blason au-dessus de leur bureau des années plus tard. Une doula installée à Rennes nous a raconté qu’elle le relit avant chaque premier rendez-vous avec une nouvelle famille.
Pourquoi le cercle de clôture n’est-il jamais sauté, même à 17 h 55 ?
Parce qu’une journée qui a remué des choses ne peut pas se terminer sur « à demain ». Le cercle de clôture dure de quinze à trente minutes. Chacune dit ce qu’elle a apprécié, ce qui l’a gênée, ce qu’elle emporte. La formatrice ne répond pas ; elle note. Le dernier jour d’un module, le cercle s’élargit aux intentions pour les semaines à venir et aux remerciements. C’est là que se disent les choses importantes : « Aujourd’hui, pour la première fois, ce n’est pas moi qui ai pris la parole en premier. »
Une précision pratique : le cercle se fait assis, en rond, sans table. Les téléphones sont rangés depuis le matin. Et la formatrice termine toujours par la même question, « de quoi avez-vous besoin pour demain ? », dont les réponses décident, pour partie, du déroulé du lendemain.
Ces rituels d’ouverture et de fermeture peuvent sembler accessoires. Ils sont, à notre sens, ce qui distingue une formation en présentiel d’un contenu que l’on regarde chez soi. Nous avons expliqué pourquoi cette pédagogie ne se transpose pas à distance dans notre article sur la formation de doula en ligne.
Quels outils pédagogiques reviennent d’un module à l’autre ?
Notre principe tient en une phrase, que les formatrices répètent : « on fait émerger avant d’apporter ». Le tableau ci-dessous reprend les outils que vous rencontrerez sur les 17 journées, et ce qu’ils travaillent.
| Outil | Durée habituelle | Ce qu’il travaille | Modules où il revient |
|---|---|---|---|
| Météo intérieure | 15 min | Nommer son état, installer le cadre | Toutes les journées |
| Lecture commentée du support | 20 à 45 min | Le contenu, avec les questions du groupe | Toutes les journées |
| Étude de cas en petit groupe | 45 min par cas | La posture dans la complexité, les limites | M1, M2, M4, M5 |
| Pratique en binôme | 30 à 60 min | L’écoute, la reformulation, les gestes de confort | M2, M3, M4 |
| Démonstration par la formatrice | 15 à 30 min | Positions, respiration, installation d’une mère | M3, M4 |
| Débat mouvant | 30 min | Tenir une conviction sans l’imposer | M1, M3, M5 |
| Blason, carte des limites | 30 min puis retours | L’identité professionnelle | M1 |
| Cercle de clôture | 15 à 30 min | Déposer, intégrer, repartir | Toutes les journées |
Vous remarquerez que la pratique en binôme n’apparaît pas au module 1. C’est voulu : avant de toucher, de guider une respiration ou d’installer quelqu’un, il faut avoir posé sa posture de non-savoir. Les gestes viennent après, au module 3.
Claire, 35 ans, ancienne comptable à Bordeaux : « Le premier matin, la météo intérieure m’a paru ridicule. Le troisième jour, j’ai dit “orage” et personne n’a cherché à me consoler, et c’est exactement ce dont j’avais besoin. Les études de cas m’ont appris plus sur mes propres limites que dix ans de management. »
Comment tient-on le rythme sur 17 journées ?
Les journées sont denses, et nous ne le cachons pas. Trois choses aident. Le groupe, d’abord : 10 élèves en moyenne, ce qui permet à chacune de parler à chaque tour, et de se connaître dès la deuxième journée. Les pauses, ensuite, trois fois par jour, tenues à la minute. Le travail accompagné entre les sessions, enfin : lectures, observations, premiers accompagnements, qui portent le cursus à 444 heures au total et évitent d’arriver au module suivant sans avoir digéré le précédent.
Le stage découverte « Premiers Pas », deux jours à 330 €, suit exactement cette structure. Beaucoup d’élèves nous disent qu’il leur a servi à vérifier une seule chose : est-ce que ce rythme de journée, avec ses silences et ses tours de parole, leur convient ? Pour la formation complète, 5 modules, 17 journées, 8 mois, 3 170 €, soit 3 500 € tout inclus avec le stage, la réponse à cette question compte plus que le programme.